Une race non reconnue par la FCI, mais présente en France
Descendant du Bulldog anglais originel, le Bouledogue Américain a été développé aux États-Unis pour des tâches variées telles que la conduite de bétail et la protection. Après la Seconde Guerre mondiale, deux éleveurs, John D. Johnson et Allan Scott, ont contribué à la préservation de la race en développant deux types distincts :
- Type Johnson (ou Bully) : plus massif, avec une tête large et un museau court.
- Type Scott (ou Standard) : plus élancé, avec une tête moins marquée.
Aujourd’hui, un troisième type hybride, issu de ces deux variétés, est également présent.
Bien que non reconnu par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) et donc non inscrit au Livre des Origines Français (LOF), le Bouledogue Américain est reconnu par plusieurs fédérations américaines telles que l’UKC, le NKC et l’ABRA. En France, la race est présente depuis les années 1990, avec une population estimée entre 10 000 et 20 000 individus.
Bouledogue Américain et catégorisation : une confusion fréquente
La catégorisation des chiens dits “dangereux” est définie par l’arrêté du 27 avril 1999. Celui-ci distingue deux types de chiens selon leur morphologie et leur inscription au Livre des Origines Français (LOF) :
- La première catégorie (chiens dits « d’attaque ») inclut uniquement certains chiens non inscrits au LOF, dont le type pit-bull, le tosa, et le mastiff (notamment le boerboel).
- La deuxième catégorie concerne les chiens de garde ou de défense, inscrits au LOF.
Le Bouledogue Américain ne fait partie d’aucune de ces catégories. Toutefois, en raison de sa carrure puissante et de sa tête large, il peut être confondu, à tort, avec certaines races catégorisées, ce qui peut entraîner des contrôles ou des erreurs d’interprétation sur le terrain.
Pour mieux distinguer le Bouledogue Américain des chiens effectivement concernés par la loi, le professeur Jean-François Courreau, vétérinaire expert à l’École nationale vétérinaire d’Alfort, fournit des éléments morphologiques précis :
Morphologie générale du Bouledogue Américain
Le Bouledogue Américain est un chien de type médioligne à tendance bréviligne. Cela signifie qu’il présente un corps proportionné mais ramassé, avec une ossature robuste et des membres relativement courts. Sa tête est dite “bulldogoïde”, c’est-à-dire :
- un crâne large,
- un stop bien marqué (cassure nette entre le front et le museau),
- un museau court, sans être écrasé.
Ces caractéristiques sont héritées des anciens bulldogs, et les distinguent nettement des chiens catégorisés.
- Par rapport au Pit-Bull (type American Staffordshire Terrier non LOF) : le Bouledogue Américain standard est plus grand, avec une silhouette moins compacte et un corps équilibré (arrière-train aussi massif que l’avant). Il présente un stop marqué et une musculature moins saillante, moins “rebondie” que celle des pit-bulls, qui sont souvent plus secs et nerveux dans leur construction. Son allure globale est plus posée, moins tendue.
- Par rapport au Boerboel (mastiff sud-africain) : le Bouledogue Américain ne présente ni babines pendantes, ni fanon sous le cou, deux signes caractéristiques du boerboel. Son corps est plus ramassé, moins haut sur pattes, avec une tête moins massive, ce qui l’éloigne clairement de ce type molossoïde.
- Par rapport au Tosa : s’il peut exister quelques ressemblances chez certains individus, notamment en termes de masse corporelle ou de posture, plusieurs éléments permettent de faire la distinction. Le Bouledogue Américain se caractérise par une robe souvent majoritairement blanche, ce qui est rare chez le Tosa, généralement fauve, noir ou bringé. Toutefois, il est important de souligner que la couleur seule n’est jamais un critère suffisant pour exclure un chien de la catégorisation : seule l’analyse de l’ensemble des critères morphologiques compte.
Le bouledogue américain est-il un chien classé comme dangereux ?
Non, le bouledogue américain n’est pas automatiquement classé parmi les chiens de première ou deuxième catégorie en France. Cependant, en raison de sa morphologie, une évaluation vétérinaire peut être nécessaire pour confirmer qu’il ne correspond pas aux critères des chiens catégorisés.
Diagnose morphologique, le seul moyen d’être sûr de la catégorie.
Pour lever tout doute sur la classification de votre Bouledogue Américain, il est fortement recommandé de demander une diagnose morphologique. Il s’agit d’un examen visuel réalisé par un vétérinaire, qui permet de confirmer que le chien n’appartient pas à une race catégorisée, uniquement en se basant sur des critères physiques définis par la loi.
Ce diagnostic est objectif : il ne prend aucunement en compte le comportement du chien, uniquement sa morphologie (taille, proportions, forme du museau, etc.). Une fois obtenue, la diagnose peut être présentée en cas de contrôle ou de demande de la part des autorités.
Selon la vétérinaire et journaliste Maud Lafon, il est essentiel que les vétérinaires soient bien formés à cet exercice, car une erreur d’évaluation pourrait avoir des conséquences lourdes, notamment une classification injustifiée du chien, avec toutes les contraintes que cela implique (muselière, interdiction d’accès, voire euthanasie en cas de défaut de déclaration).
Un examen qui vous évitera quelques soucis
Même si le Bouledogue Américain n’est pas un chien de catégorie, sa carrure puissante et son apparence proche de certaines races classées peuvent attirer l’attention. Dans les lieux publics, en particulier en ville, les contrôles de police peuvent être plus fréquents pour ce type de chien.
En cas de contrôle, ne pas être en mesure de justifier que votre Bouledogue Américain n’est pas un chien catégorisé peut entraîner des complications : vérification prolongée, obligation de muselage immédiat, voire saisie temporaire dans des cas extrêmes.
La diagnose permet donc non seulement d’anticiper ces situations, mais aussi de protéger votre chien.